Texte libre


La Seconde Révolution Américaine

Introduction

La contre-culture

Berkeley l'insoumise
Les auditions de l'HUAC. San Fransisco Mai 1960
Le Free Speech Movement
L'invention Berkeley

SDS 1960-1963
Du SLID au SDS
La Déclaration de Port Huron : L'impossible réforme
L'ERAP et le culte du ghetto

SDS 1964-1966

Red Dogs et Dr Strange 1965
Virginia City, Nevada
San Fransisco 1965
La San Francisco Mime Troupe
A Tribute to Dr Strange

San Fransisco 1966 (1)
Le Trips festival 
Le Front de Libération des Artistes
La scène musicale
Hashbury
Les marchands HIP

San Fransisco 1966  (2)
L’Oracle, journal arc-en-ciel. 
THE DIGGERS
Le jour où ils ont rendu l’acide illégal
Free : Libre et gratuit

Austin, Texas
La lutte pour les droits civiques à l'U.T.
La naissance du S.D.S
The Rag
La radicalisation à l’U.T
Le Mouvement pour la liberté à l’université

San Fransisco 1967

Le Vagissement du Nouvel An

Human Be-In, Pow-wow, et Rassemblement des Tribus.

L'amour est communication (company)

Le Cirque Invisible

Et le Cirque de l'Amour.

Célébrez la ville libre

SF 1967 2eme partie

Les Diggers et le Summer of Love

La Mort de Hippy et la Naissance de l'Homme Libre

Le Collectif Ville Libre et les Nouvelles de la Ville Libre

La naissance de Black Bear Ranch


 



Au 03 octobre 2009

4 244  visiteurs se sont égarés sur ce site

et ont lu 12 086  pages



Quelques sites de l'
Autre Amérique



"Les rails underground de ce monde au prochain"


The 60s aren't over;
They won't before over until the Fat Lady gets high !














Et d'ailleurs






Défense de la biodiversité






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A bâton rompu

Dimanche 28 octobre 2007

depetris.gif Mes zigs et zags m'ont emmené sur le site de Jean-Pierre Depétris, qui a également contribué au livre de Ken Knabb, honteusement mis en avant sur ce blog. C'est comme cela que je l'ai découvert.

JPD a écrit entre autres (nombreux) textes "Droit d'auteur et Source libre Essai d'approche épistémologique"et "Ce que pourrait être un art libre".

"Personne ne sait très bien aujourd’hui ce qu’est un art libre. C’est une idée neuve, jamais évoquée avant. On a revendiqué un art révolutionnaire, un art engagé, un art pour l’art, un art pour tous et par tous, un art indépendant, un art populaire, un art démocratique,… on n’avait jamais sérieusement pensé qu’un art pût être libre, ni comment."

Je l'ai donc contacté et lui ai proposé un dialogue autour de la notion "d'art libre", pour donner un peu de hauteur à ce blog qui, vous l'avez certainement remarqué, en manque. (Ainsi que de dialogue...)

Bon je suis néophyte en la matière, mais on ne peut pas contester non plus des rôles figés et rester de son côté de la barrière. Le ridicule ne tuant pas (hélas ?), je me suis lancé et ouvert une rubrique "à bâton rompu" vu que l'échange - même maladroit - est préférable au monologue et que cet outil formidable dont je me sers actuellement a été conçu à l'origine pour le partage et l'échange

Cette rubrique sera alimentée par celles et ceux qui accepteront de répondre à mes questions foutraques sur des sujets variés.

En attendant la mise en ligne de cette conversation, vous pouvez visiter le site de JP Depetris et lire en particulier "Droit d'auteur et Source libre Essai d'approche épistémologique","Ce que pourrait être un art libre" http://jdepetris.free.fr/index.html

Et je reproduis, pour ouvrir la rubrique "A bâton rompu", l'interview de Mark Rudd, parue dans le post "la petite brise du radicalisme américain" en février dernier.

Les articles de cette rubrique, comme le reste, sont reproductibles librement sur tous supports, à des fins non commerciales.
Photo : logo du site de JPD

Par Didier
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Dimanche 28 octobre 2007

markrudd.jpg Mark a été président des Students for a Democratic Sociéty, chef de file de sa fraction la plus radicale qui a conduit à l'implosion du mouvement et à la création du Weatherman. La vie d'un jeune américain des années soixante, allant du campus aux années de clandestinité. Aujourd'hui membre du Movement for a Democratic Society, il donne un éclairage sur la petite étincelle de radicalisme façon 2007.

Son site web http://www.markrudd.com/

Plein de choses bien sûr, sur Freakence Sixties....

Q Mark, est-ce qu'une nouvelle Nouvelle Gauche est en train d'émerger aux Etats-Unis avec la renaissance du SDS et du MDS ?
R Je l'espère, mais honnêtement, je ne le sais pas. Personne ne le sait. Ce que je sais, c'est que soudainement un grand nombre de jeunes arrivent avec la double idée que 1) il n'est pas possible de croire ce gouvernement et 2) qu'ils doivent faire quelque chose à ce sujet. Certains d'entre eux se réfèrent au SDS comme modèle d'organisation. La culture américaine du divertissement est hégémonique sur 96% de la jeunesse, au lieu des 99% il y a quelques années. Ce sont ces 3% qui commencent à s'organiser ( Ces statistiques sont faites à la louche)

Q Quel est l'enjeu : La création d'un mouvement contre la guerre ou d'un mouvement pour un nouvel ordre économique et politique ?
R Pour quelques jeunes, les deux. Une grande partie d'entre eux est anarchiste. Bancals et peu expérimentés. L'idéologie marxiste est kaput dans la jeunesse. Mais la grande majorité des jeunes activistes n'a pas de base idéologique et cherchent seulement des façons pratiques de mettre fin à la guerre.

Q
Quelles sont les différences entre les Etats-Unis des années soixante et aujourd'hui ?
R Laisse-moi compter: peut-être des milliers. les mouvements pour les droits civiques et ouvriers étaient encore vivaces et des références il y a quarante ans. Aujourd'hui, la victoire de la droite est si complète que tu ne peux même plus discuter du racisme et de la nature de classes de la société. Les jeunes n'ont pas de modèle pour s'organiser.
D'un autre côté, la dégradation de l'environnement, est la prise deconscience sur ce sujet, sont si énormes qu'il y a là un point d'appui pour les jeunes
Il n'existe pas une contre culture développée; la culture a été fragmentée en niches marchandes petites mais très marquées et les jeunes sont éparpillés entre des identités contre culturelles spécifiques. Cela rend l'unité beaucoup plus difficile.
La guerre contre la terreur, le 11 septembre particulièrement, a brouillé le tableau concernant qui est la victime..
Mais par dessus tout, les jeunes sont beaucoup plus désabusés et cyniques au sujet de ce qui peut être fait par l'action individuelle et de masse. Ils n'ont pas conscience de tout ce qui a déjà été réalisé.

Q Est-ce que la déclaration de Port Huron est encore actuelle ?
R Beaucoup de jeunes du SDS actuel sont en train de la lire, de l'étudier et d'essayer de lui trouver une traduction appropriée à la situation actuelle. Un des problèmes, c'est que ces activistes sont encore jeunes, pas entraînés de façon académique et il y a très peu d'étudiants diplômés autour d'eux pour les aider à trouver leur voie intellectuelle. La Déclaration de Port Huron baignait dans une réflexion sociologique contemporaine, comme celle de C. Wright Mills.Le seul penseur comparable aujourd'hui est Noam Chomsky. Nous verrons ce que les jeunes en feront. La déclaration était beaucoup centrée sur la Guerre Froide; Les jeunes de maintenant doivent réfléchir sur la guerre contre la terreur, comme principe central de l'organisation contemporaine de l'impérialisme.
Q Ton nom a côté de celui de Haber dans une organisation aujourd'hui ! Quelle leçon en tirer ?
R Les vieilles personnes n'ont que peu d'alternatives et nous sommes aussi plus mûrs et prêts à pardonner.

Par Didier
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Mercredi 31 octobre 2007

depetris.gif Q Tu écris "C’est ainsi que l’art sort du marché: en sortant de l’objet manufacturé, donc de la marchandise" Mais pourquoi l'art , en devenant "numérique" - la musique en est le meilleur exemple actuellement - sortirait-il obligatoirement du marché en changeant de support de diffusion?

R Je ne me souviens plus exactement de tout ce que j'ai écrit, mais l'art sort du marché après y être déjà entré. Et il y est entré en devenant inséparable d'un support manufacturé. Où pouvait bien être le livre qui n'était pas sur une page imprimée? Où était la musique qui n'était pas gravée? Si ils deviennent séparables de leur support, comment en faire un marché? Je ne suis pas un nostalgique de l'art de cours ou de l'art sacré, mais ni l'un ni l'autre de donnait lieu à un marché.
Le marché a d'ailleurs été un véhicule très acceptable de l'art et de toute la vie intellectuelle. Je ne le vois plus tenir ce rôle.

Q L'industrie du disque - bien souvent auteurs et éditeurs confondus - se défend en pénalisant le "piratage". La mentalité fait que une immense majorité des gens préfèrera acheter le dernier album d'une prétendue "star" plutôt que celui de "machin" mettant en ligne gratuitement ses oeuvres.

R Justement, ce qui reste dans un marché me semble assez loin de ce qu'on a pu identifier comme art dans les diverses civilisations, même si ce sens a été soumis à beaucoup de variations selon les langues.
De même, qui pénalise le "piratage"? Certainement pas les artistes, qui ne tiennent qu'une place toujours plus négligeable dans ce marché. Eux y voient surtout un véhicule pour ce qu'ils produisent, pour se rencontrer et échanger, comme j'ai moi-même commencé à publier.

Q Les artistes qui cherchent une reconnaissance, ou qui ont une vision "alternative" de l'oeuvre, oui.

R Mais ce n'est pas du tout une recherche de "reconnaissance" ni une vision alternative. Il n'y a pas d'invention, d'idée neuve, sans un minimum d'échange de coups de main. C'est en principe ce qu'on attend, pas des applaudissements stériles, ni même au moins du fric .(qui peuvent se rajouter en prime).
Si jamais reconnaissance il y a, ce sera celles de travaux capables d'en susciter d'autres et d'ouvrir des voies pour de nouveaux, et non d'un succès public sans grand intérêt, ou pire pour avoir entraîné vers des impasses, des modes convenues et vite oubliées.
Il ne s'agit pas bien sûr d'interdire à quiconque de donner le sens qu'il veut aux mots qu'il emploie. Mais alors, qu'il s'y tienne, et ce sera son problème s'il veut faire à partir de là une histoire des arts ou de la littérature.
Moi aussi, je donne un sens particulier aux mots que j'emploie, et ceux de "art", "lettres", "pensée" ne trouvent pas beaucoup d'objets dans ce qui fut bien, mais de plus en plus difficilement, leur "marché".
Mais que j'emploie mes mots autrement, ne signifie pas que je désigne quelque chose d'alternatif. Alternatif à quoi?

Q La majorité des artistes "reconnus", eux, dans ce que l'on pourrait appeler la "société du spectacle", les rock stars, l'habitué des plateaux TV, eux, protestent vigoureusement.

R Oui mais peut-on feindre d'être dupes des ces jeux de langage. Même la "star" habituée des médias affiche un parfait mépris à leur égard. On ne peut pas tout à la fois se vouloir au-dessus des masses, et attendre d'appareils de masse toute reconnaissance. C'est justement le spectacle qui se fait une alternative à la vie réelle.

Q Nous ne sommes plus là dans une situation de rémunération, mais dans une situation que je qualifierais d'"avidité" - de célébrité,de profit, d'"amour" avec de gros guillemets.
Ce qui pose le problème du statut de l'artiste dans la Cité, comme diraient nos anciens.

R Je pense plutôt que ce qui est n'a justement pas besoin de statut. Quel était le statut de Rimbaud, ou de Li Po, ou de Khayam?

Q Un tableau ou une sculpture ne sont pas reproductible numériquement pour mettre dans le salon.

R C'est un peu plus complexe. Un marché des arts plastiques ne s'est réellement constitué qu'avec l'apparition de la reproduction, la gravure, la litho puis surtout la photo. Malgré les apparences, la côte d'un peintre tient surtout à la quantité de reproductions mises en circulation. Nous connaissons tout d'abord les peintres par des photos, pas par leurs originaux. Et sans cela, il n'y aurait jamais eu le marché de l'art que nous connaissons. Les peintres et les sculpteurs seraient restés des artisans.

Q Il existe des artistes qui se revendiquent "artisans". Je citerai, en bon breton, Gilles Servat. Où est le problème ?

R Ce n''est pas un problème, c'est que si seuls quelques "clients" voient et connaissent l'œuvre d'un artiste, ce n'en est plus un. C'est à dire qu'il ne peut plus avoir (y avoir) une vision assez large et assez partagée pour donner lieu réellement à de l'invention, de la recherche.
Pour autant, s'il n'a plus que des millions de spectateurs, mais qui ne font rien de son travail et ne lui apportent rien non plus, ça revient au même.

Q Concernant les droit d'auteur tu écris "Certes, selon la loi, l'auteur est le légitime propriétaire de l'œuvre qui reste dans son tiroir, sans qu'il ait pour cela à la déclarer ni faire de quelconques démarches, mais le droit ne s'applique qu'à partir du moment où elle en sort. Dans ces conditions, si le droit d'auteur, plutôt qu'être un droit de l'homme, sert à définir un statut d'auteur, il devient de fait un droit de diffuseur, de publisher (même pas d'éditeur). Il devient de fait la restauration d'un droit féodal de diffusion".
N'est-ce pas aussi le propre du capitalisme, non?

R Vaste question. C'est sans doute ce que devient le capitalisme, mais ce n'est pas sa nature. Le capitalisme n'est pas le féodalisme. Le capitalisme repose sur la vente de biens réels entre des citoyens en principe égaux, pas sur des impôts, des taxes et des statuts.

Q L'industrie du disque, du livre, du cinéma possèdent les moyens de productions et sont seuls bénéficiaires du profit.

R Justement non. Nous n'avons pas besoin de ces industries pour produire, ni même pour transmettre. Nous en avons de moins en moins besoin. Ce qu'ils contrôlent encore, ce sont seulement des dépôts légaux et des statuts. Et à quoi nous servent-ils?

 

Q De l'autre côté, les travailleurs-artistes vendent leur force de travail-créativité contre salaires. Mais en contrepartie, et contrairement à la masse anonyme qui vend sa force de travail, l'industrie du disque et du cinéma offre un statut à celui qui fait appel à elles contre l'abandon d'un certain nombre de ses droits : Celui de "star".

R En fait célèbre et anonyme sont les deux faces d'une même médaille, aussi pénibles l'une que l'autre. Quand on a quelque chose à vendre, on est bien obligé de se faire connaître, mais combien aussi on a envie de se cacher et de se protéger. Le spectacle n'offre pas d'autre alternative que d'être tour à tour l'un ou l'autre.
Ceci dit, je ne connais pas beaucoup d'écrivain qui gagne vraiment de l'argent, je veux dire qui gagne autant que s'il faisait autre chose. Et ça m'étonnerait qu'il écrive pour être célèbre.

 

Q Si l'on se passe de cet intermédiaire, on perd le statut en risquant de retomber dans l'anonymat, faute par exemple, de bénéficier d'un support publicitaire - matraquage serait un mot plus juste - par ailleurs fort coûteux.

R Soyons sérieux [smiley rigolard]. Statut et célébrité ne servent qu'à négocier des contrats ou obtenir des subventions. Certainement pas le contraire. Contrats et subventions ne servent qu'à réaliser des projets. Pour ce qui est de croûter, et plus encore de "claquer", il vaudrait mieux trouver autre chose.
C'est pourquoi, si l'industrie ou les institutions du livre, ou d'autres produits culturels, ne servent pas à réaliser ces projets, si elles ne gèrent par exemple que le passage de l'imprimeur au pilon, alors, elles ne servent à rien.
Je ne dis pas qu'elles ne font pas du chiffre d'affaire, qu'elles ne favorisent pas le commerce, etc, mais elles ne servent absolument à rien du point de vue artistique, littéraire, scientifiques, etc.

Q Sinon, il existe des licences comme Creative Commons.

Je ne suis pas partisan des CC. Sauf cas bien précis, elles peuvent devenir très casse-gueule sur le long terme. En réalité, elles ne sont pas libres du tout. (1)

Q Free signifie libre et gratuit en anglais. Le "libre" est-il inséparable de la gratuité ?

R Pas aux yeux de beaucoup, ni aux miens. Je ne suis pas un adepte de la gratuité, et s'il y a de l'argent qui circule, j'aime autant en gagner.
En fait nous sommes nombreux à nous demander comment on pourrait gagner de l'argent avec du travail que nous diffusons en ligne. Mais il s'agirait alors de faire payer quoi?
Depuis des siècles, une "œuvre de l'esprit" a toujours été payée au pourcentage de la masse monétaire qu'elle faisait circuler (sans que personne ne prétende par ailleurs que ce serait là la valeur véritable de l'œuvre). Si l'on restait sur cette logique, ce serait alors au fournisseur d'accès de donner aux auteurs une part de ce que payent les abonnés.
N'est-ce pas justement un peu ce qu'ils font? Mon site m'est totalement gratuit une fois que j'ai payé ma connexion. On peut donc dire que ce sont les usagers qui ne font pas de site qui payent l'espace disque de ceux qui produisent. Je suppose que tu ne paye rien non plus pour ton blog.
On pourrait toujours faire une comptabilité plus précise: certains sites ont plus de passage, génèrent plus de téléchargements, certains ont plus de pages, d'autres plus d'octets… Où mènerait une telle comptabilité?

Je ne suis pas contre la vente, mais elle doit au moins obéir à une certaine intelligence et une certaine efficacité. Je connaissais des gens qui avaient écrit un programme de comptabilité. Je ne sais plus son nom, mais il était assez connu. Au bout d'un certain temps ils se sont aperçu que la vente du logiciel servait à peu près exclusivement à payer leur propre travail de comptabilité et de service à la clientèle. Comme ce sont des programmeurs et pas des vendeurs, ils ont préféré rendre publiques les sources, et continuer à programmer.
De tels choix n'aident pas toujours à faire bouillir la marmite. Mais à quoi peut bien conduire le contraire ?
Pour un artiste, ou n'importe quel intellectuel, fait-il son travail ou devient-il un employé du service après vente des industries culturelles?

Q Tu écris "Par sa nature même, il est possible de cacher un texte, mais pas de l'offrir à la lecture sans ces possibilités de le copier, s'en inspirer, etc. Un texte est lisible (transparent), ou il n'en est pas un."
Il en va de même pour l'image et le son . Le numérique - et son medium -. On ne peut pas déposer son oeuvre sur un banc public et s'étonner qu'on s'en saississe sans laisser un chèque en contrepartie. Il fallait le cacher dans un buisson, où il perdait tout son intérêt....Nous sommes-là dans l'idée de "public", au sens de "qui appartient à tout le monde". Et de l'idée Digger "It's Free Because It's Yours"

R Je crois que tu t'égares là. La question est ailleurs.
Quand tu achètes un bouquin, le nom de l'auteur est écrit dessus, souvent bien en gros. Ca ne veut pas dire qu'il s'est vendu à l'éditeur, mais au contraire que l'ouvrage lui appartient toujours. Ca ne veut pas dire non plus qu'on lui a donné ainsi un statut d'auteur, mais que c'est lui qui donne leur statut à l'éditeur et autres distributeurs. Bref, ils vendent "son" livre, et s'ils ne peuvent pas le prouver, ils sont hors la loi. C'est pourquoi ils tiennent à nous faire signer des contrats précisant bien ce qu'on les mandate de faire respecter concernant notre fonction d'auteur.
Justement c'est une fonction, pas un statut, c'est même une fonction linguistique. Aucun énoncé n'a de sens si l'on ne peut pas identifier le sujet de l'énonciation. C'est précisément de que veulent dire les termes, bien désuets il faut dire, "œuvre de l'esprit".
En un sens tout ce que fait l'homme est "oeuvre de l'esprit", évidemment, mais lorsqu'on utilise la plupart des objets issus de l'ingéniosité humaine, on ne se soucie pas de les comprendre, d'en percer les secrets et d'y percevoir la posture de l'auteur.
Ils sont pourtant protégés aussi, mais par des brevets. Si l'on a fait des droits d'auteurs plutôt que des brevets, c'est parce que ce que protège le brevet est précisément ce que nous achetons dans une oeuvre de l'esprit, c'est à dire la possibilité de suivre la pensée de l'auteur, de percer ses techniques et de nous en servir. Bref, une oeuvre de l'esprit est par définition en "source libre".
Mais ça veut dire aussi qu'elle n'est pas abandonnée anonyme sur un banc. On peut faire tout ce qu'on veut de ce que j'écris à la conditions d'indiquer comment l'on peut accéder à l'original, et donc, par la force des choses en m'en reconnaissant la paternité. Ces choses vont finalement de soi. Il ne me viendrait pas à l'idée de reprendre les idées et des extraits de Ken Knabb, par exemple, sans le nommer et indiquer où l'on peut trouver ses écrits. Le lecteur lui-même pourrait me le reprocher plus encore que l'auteur.

Q Tu écris que le droit d'auteur est issu du Siècles des Lumières.
Aujourd'hui, n'est-on pas retombée dans une situation ressemblant à la situation d'avant le Siècle des Lumières., figés sur des postulats que l'on peut appeller "pensée unique". Il nous manque un Montesquieu que écrirait un nouvel "Esprit des Lois" ou un Rousseau pour un nouveau "Contrat Social" ?

Oui, les dernières lois sur les droits dérivés sont un retour avant Les lumières, et mêmes avant les lois ou les conventions qui avaient cour dans les grandes civilisations (musulmane, chinoise, etc). C'est pourquoi je dis que l'art, et toute activité intellectuelle, n'a plus grand chose à en faire.

Heureusement, nous avons Stallman (2) [smiley rigolard]


(1) Pour voir les différentes licences, voir par exemple http://boxson.net/legislation_licences.php

(2) Richard Stallman est à l'origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l'acronyme GPL, qu'il a rédigée avec l'avocat Eben Moglen

http://jdepetris.free.fr/index.html

Par Didier
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Vendredi 19 décembre 2008

J'ai retrouvé traces de Ben Morea en travaillant sur le chapitre Black Mask/ The Family/Mother Fucker. Et nous avons engagé un échange de durée et de sujets indéterminés qui sera retranscrit au fil du temps sur le radicalisme et l'anarchie, sur la spiritualité, l'art, les diggers, et tout autre sujet qu'apporteront les détours dela conversation, l'un de nous, ou même un(e) lecteur/lectrice qui voudrait entrer dans la conversation.


Tout cela est copyleft, comme le reste, et peut-être reproduit comme bon vous semble.






Qu'est-ce que tu as fait toutes ces années , Est-ce que tu peins encore ?
Ben : Oui, je peins toujours. J'ai été aussi en relation étroite avec les indiens d'Amérique (38 ans) dans le cadre d'une quête spirituelle qui continue
Les mouvements artistiques radicaux et anarchistes ont toujours eu une base spirituelle, bien que mal définie.


J'aimerais développer cette question sensible. En France, les mouvements radicaux explique seulement la religion à travers son rôle social et son évolution historique et sont très "matérialistes", sans une base spirituelle semblable. . "Spirituel" est un terme tabou.

Ben : ABSOLUMENT--une question difficile -- pleine de pièges. J'essaie de comprendre ce problème complexe depuis de nombreuses années maintenant, mais je suis convaincu qu'elle est la clé de la prochaine REVOLUTION si tu ne crains pas les contradictions. Le matérialisme, à la fois le communisme et le capitalisme, sont trop unidimensionnels (et ennuyeux) particulièrement au vingt-et unième siècle. L'avenir c'est vraiment maitenant.                                      
Connais-tu Jean Jacques Lebel? Il a séjourné avec moi à New York City dans les années 60. Est-il encore en vie?


Oui, Jean Jacques Lebel est encore en vie et en bonne santé.
http://www.lepeuplequimanque.org/corps-insurges/mercredi-5-novembre-2008
Je profite de l'occasion pour que tu nous parles de la relation entre l'art & la révolution, une autre question majeure, je pense. Et dis-nous en un peu plus au sujet de Lebel.

Ben :L'art et la révolution . Ils sont frères. Les deux viennent du même besoin de l'homme de comprendre le monde dans lequel il vit et (en même temps) de le CHANGER. Je pense que c'était purement un accessoire (négatif) pour quelques-uns de l'I.S.[Internationale Situationniste]. Une cible facile. Mais nous pensons qu'il est essentiel , une des rares fenêtres dont nous disposons sur la Création elle-même. Une respiration pure .  Concernant J.J Lebel, il est venu à New-York à la fin des années 60 et a séjourné avec moi.. Tout comme un émissaire de l'I.S , du groupe anglais "King Mob" et aussi un de Zengakauren. Du milieu artistique, une femme italienne "Nanda"et un des membres dadaïstes vivant à N. Y Richard Huelsenbeck.

 



La Politique, l'Art, la Spiritualité, les trois ingrédients nécessaires et inséparables por une révolution totale ? ,

Ben : Je dirais art, politique, "culture" et spiritualité (considérant l'art comme une part de la culture, mais non sa totalité)



A suivre....

Par Didier
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Vendredi 26 décembre 2008

L'Art, la politique, la "culture" et la spiritualité , tous ces ingrédients étaient présents durant les annés soixante . Et la révolution a échoué...

Ben :Le mot-clef c'est "jusqu'à maintenant" . Si la révolution est permanente, la poursuite de celle- ci l'est encore plus.



J'ai été en contact avec une femme anarchiste américaine aux Etats-Unis. Elle a dit "Aucun d'entre nous, je dirai, n'est né révolutionnaire, mais l'est devenu à travers un cheminement, des moments charnières, des mentors, des mouvements sociaux et ainsi de suite."

La question est : comment radicaliser des personnes en dehors des minuscules (et divisés) mouvements radicaux/anarchistes , si nous considérons que la révolution viendra par le bas ?

Ben :Si nous "arrêtons" de penser en idéalogie, mais en terme de faits, nous pouvons atteindre la masse. Par exemple, si nous tirons la conclusion que l'effondrement actuel de l'économie était inévitable du fait de la nature même du capitalisme, nous pouvons faire en sorte que d'autres voient et soient plus ouvert à des alternatives réelles. Beaucoup de chose, comme l'esclavage salarié, ont conduit à une compréhension plus radicale au siècle dernier.
Mais encore une fois, une critique spirituelle/politique est prépondérante. Le matérialisme est une voie à sens unique.


Eric Noble, "l'archiviste" digger a publié une importante somme de souvenirs, mémoires, histoires du mouvement Digger et de la contre culture des années soixante. Il dit "Pour nous assurer que notre histoire survive aux tendances inévitables du révisionnisme, il est d'une importance cruciale que nous déveleppions nos propres versions de ce qui est arrivé et pourquoi."

"La Nimérisation de la Pensée est la Préservation de la Pensée". (Marcus Del Greco)

Toi- même :" Je suppose que je vais commencer par faire connaitre notre histoire aux gens et puis commencer à partir de là" "

A quand une histoire numérisée de Black Mask/The Family /UATWMF ?

Ben :Je suis d'accord. C'est pourquoi je suis ré-apparu publiquement. Quelques grands évènements des années soixante Woodstock, nous avons cisaillé la clôture. Columbia, Nous avons occupé un bâtiment. L'opposition à la guerre, nous avons pris d'assaut le Pentagone. La contre culture, nous avons pris le Fillmore East. Nous avons fait du Lower East Side notreCasbah. Nous avons travaillé avec les mouvements de lutte des noirs . les Panthers m'ont demandé d'être Vice Président (j'ai refusé ).Les Diggers ne sont pas les seuls à vouloir préserver l'histoire. Mais je suis réticent à me consacrer à cela (en tant que projet médiatique)
Ce qui est davantage le style Digger. Les luttes sont DEVANT nous. Les idées sont des armes  Pas seulement une auto-glorification  (Ce qui est aussi davantage leur style). 



Je suis d'accord aussi. L'histoire comme auto-glorification est inutile. Les dénommées "années soixante" sont une pure usine à idées et un terrain d'expérimentation. Cela n'a aucune importance de savoir si les Diggers, les MF , Leary et tous les autres avaient "raison" ou non. Le truc, c'est: voilà ce qui s'est vraiment passé à NYC, Austin , Kent States.... Nous avons besoin d'une vision générale de l'époque et des mouvements afin d'éviter une compréhension simpliste (ex, sexe, drogues et rock'n'roll) et le révisionnisme.

Je pense que nous ne sommes pas dans une période pré-révolutionnaire mais dans une période contre révolutionnaire. C'est sûr que les luttes sont devant nous, mais nous avons besoin de racines où nous mourrerons d'inanité spirituelle et politique. Nos racines sont diverses et aussi anciennes que la pensée anarchiste et la contre culture des années soixante aux USA en fait partie intégrale. Vous, les gens qui avez vécu cette époque devez trannsmettre vos expériences aux générations suivantes. HUGH !
Ben :D'accord sur l'autoglorification. Je la considère comme un "piège attirant" . Mais quant à savoir si nous sommes dans une période pré-révolutionnaire ou contre-révolutionnaire, j'opte pour le premier. Absolument révolutionnaire. & nous devrions agir en conséquence. Tout est ouvert. Le communisme a disparu et le capitalisme est discrédité (vu tel qu'il est réellement, l'AVIDITE incarnée) . Des alternatives attendent d'être clarifiées Tle modèle de coopération est tentant, non? Kropotkin re-visité. ? Mettons-nous au travail. 


A suivre....

Par Didier
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