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A bâton rompu

Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /Déc /2008 08:18

L'Art, la politique, la "culture" et la spiritualité , tous ces ingrédients étaient présents durant les annés soixante . Et la révolution a échoué...

Ben :Le mot-clef c'est "jusqu'à maintenant" . Si la révolution est permanente, la poursuite de celle- ci l'est encore plus.



J'ai été en contact avec une femme anarchiste américaine aux Etats-Unis. Elle a dit "Aucun d'entre nous, je dirai, n'est né révolutionnaire, mais l'est devenu à travers un cheminement, des moments charnières, des mentors, des mouvements sociaux et ainsi de suite."

La question est : comment radicaliser des personnes en dehors des minuscules (et divisés) mouvements radicaux/anarchistes , si nous considérons que la révolution viendra par le bas ?

Ben :Si nous "arrêtons" de penser en idéalogie, mais en terme de faits, nous pouvons atteindre la masse. Par exemple, si nous tirons la conclusion que l'effondrement actuel de l'économie était inévitable du fait de la nature même du capitalisme, nous pouvons faire en sorte que d'autres voient et soient plus ouvert à des alternatives réelles. Beaucoup de chose, comme l'esclavage salarié, ont conduit à une compréhension plus radicale au siècle dernier.
Mais encore une fois, une critique spirituelle/politique est prépondérante. Le matérialisme est une voie à sens unique.


Eric Noble, "l'archiviste" digger a publié une importante somme de souvenirs, mémoires, histoires du mouvement Digger et de la contre culture des années soixante. Il dit "Pour nous assurer que notre histoire survive aux tendances inévitables du révisionnisme, il est d'une importance cruciale que nous déveleppions nos propres versions de ce qui est arrivé et pourquoi."

"La Nimérisation de la Pensée est la Préservation de la Pensée". (Marcus Del Greco)

Toi- même :" Je suppose que je vais commencer par faire connaitre notre histoire aux gens et puis commencer à partir de là" "

A quand une histoire numérisée de Black Mask/The Family /UATWMF ?

Ben :Je suis d'accord. C'est pourquoi je suis ré-apparu publiquement. Quelques grands évènements des années soixante Woodstock, nous avons cisaillé la clôture. Columbia, Nous avons occupé un bâtiment. L'opposition à la guerre, nous avons pris d'assaut le Pentagone. La contre culture, nous avons pris le Fillmore East. Nous avons fait du Lower East Side notreCasbah. Nous avons travaillé avec les mouvements de lutte des noirs . les Panthers m'ont demandé d'être Vice Président (j'ai refusé ).Les Diggers ne sont pas les seuls à vouloir préserver l'histoire. Mais je suis réticent à me consacrer à cela (en tant que projet médiatique)
Ce qui est davantage le style Digger. Les luttes sont DEVANT nous. Les idées sont des armes  Pas seulement une auto-glorification  (Ce qui est aussi davantage leur style). 



Je suis d'accord aussi. L'histoire comme auto-glorification est inutile. Les dénommées "années soixante" sont une pure usine à idées et un terrain d'expérimentation. Cela n'a aucune importance de savoir si les Diggers, les MF , Leary et tous les autres avaient "raison" ou non. Le truc, c'est: voilà ce qui s'est vraiment passé à NYC, Austin , Kent States.... Nous avons besoin d'une vision générale de l'époque et des mouvements afin d'éviter une compréhension simpliste (ex, sexe, drogues et rock'n'roll) et le révisionnisme.

Je pense que nous ne sommes pas dans une période pré-révolutionnaire mais dans une période contre révolutionnaire. C'est sûr que les luttes sont devant nous, mais nous avons besoin de racines où nous mourrerons d'inanité spirituelle et politique. Nos racines sont diverses et aussi anciennes que la pensée anarchiste et la contre culture des années soixante aux USA en fait partie intégrale. Vous, les gens qui avez vécu cette époque devez trannsmettre vos expériences aux générations suivantes. HUGH !
Ben :D'accord sur l'autoglorification. Je la considère comme un "piège attirant" . Mais quant à savoir si nous sommes dans une période pré-révolutionnaire ou contre-révolutionnaire, j'opte pour le premier. Absolument révolutionnaire. & nous devrions agir en conséquence. Tout est ouvert. Le communisme a disparu et le capitalisme est discrédité (vu tel qu'il est réellement, l'AVIDITE incarnée) . Des alternatives attendent d'être clarifiées Tle modèle de coopération est tentant, non? Kropotkin re-visité. ? Mettons-nous au travail. 


A suivre....

Par Didier - Publié dans : A bâton rompu
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 21:03

J'ai retrouvé traces de Ben Morea en travaillant sur le chapitre Black Mask/ The Family/Mother Fucker. Et nous avons engagé un échange de durée et de sujets indéterminés qui sera retranscrit au fil du temps sur le radicalisme et l'anarchie, sur la spiritualité, l'art, les diggers, et tout autre sujet qu'apporteront les détours dela conversation, l'un de nous, ou même un(e) lecteur/lectrice qui voudrait entrer dans la conversation.


Tout cela est copyleft, comme le reste, et peut-être reproduit comme bon vous semble.






Qu'est-ce que tu as fait toutes ces années , Est-ce que tu peins encore ?
Ben : Oui, je peins toujours. J'ai été aussi en relation étroite avec les indiens d'Amérique (38 ans) dans le cadre d'une quête spirituelle qui continue
Les mouvements artistiques radicaux et anarchistes ont toujours eu une base spirituelle, bien que mal définie.


J'aimerais développer cette question sensible. En France, les mouvements radicaux explique seulement la religion à travers son rôle social et son évolution historique et sont très "matérialistes", sans une base spirituelle semblable. . "Spirituel" est un terme tabou.

Ben : ABSOLUMENT--une question difficile -- pleine de pièges. J'essaie de comprendre ce problème complexe depuis de nombreuses années maintenant, mais je suis convaincu qu'elle est la clé de la prochaine REVOLUTION si tu ne crains pas les contradictions. Le matérialisme, à la fois le communisme et le capitalisme, sont trop unidimensionnels (et ennuyeux) particulièrement au vingt-et unième siècle. L'avenir c'est vraiment maitenant.                                      
Connais-tu Jean Jacques Lebel? Il a séjourné avec moi à New York City dans les années 60. Est-il encore en vie?


Oui, Jean Jacques Lebel est encore en vie et en bonne santé.
http://www.lepeuplequimanque.org/corps-insurges/mercredi-5-novembre-2008
Je profite de l'occasion pour que tu nous parles de la relation entre l'art & la révolution, une autre question majeure, je pense. Et dis-nous en un peu plus au sujet de Lebel.

Ben :L'art et la révolution . Ils sont frères. Les deux viennent du même besoin de l'homme de comprendre le monde dans lequel il vit et (en même temps) de le CHANGER. Je pense que c'était purement un accessoire (négatif) pour quelques-uns de l'I.S.[Internationale Situationniste]. Une cible facile. Mais nous pensons qu'il est essentiel , une des rares fenêtres dont nous disposons sur la Création elle-même. Une respiration pure .  Concernant J.J Lebel, il est venu à New-York à la fin des années 60 et a séjourné avec moi.. Tout comme un émissaire de l'I.S , du groupe anglais "King Mob" et aussi un de Zengakauren. Du milieu artistique, une femme italienne "Nanda"et un des membres dadaïstes vivant à N. Y Richard Huelsenbeck.

 



La Politique, l'Art, la Spiritualité, les trois ingrédients nécessaires et inséparables por une révolution totale ? ,

Ben : Je dirais art, politique, "culture" et spiritualité (considérant l'art comme une part de la culture, mais non sa totalité)



A suivre....

Par Didier - Publié dans : A bâton rompu
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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /Oct /2007 10:30

markrudd.jpg Mark a été président des Students for a Democratic Sociéty, chef de file de sa fraction la plus radicale qui a conduit à l'implosion du mouvement et à la création du Weatherman. La vie d'un jeune américain des années soixante, allant du campus aux années de clandestinité. Aujourd'hui membre du Movement for a Democratic Society, il donne un éclairage sur la petite étincelle de radicalisme façon 2007.

Son site web http://www.markrudd.com/

Plein de choses bien sûr, sur Freakence Sixties....

Q Mark, est-ce qu'une nouvelle Nouvelle Gauche est en train d'émerger aux Etats-Unis avec la renaissance du SDS et du MDS ?
R Je l'espère, mais honnêtement, je ne le sais pas. Personne ne le sait. Ce que je sais, c'est que soudainement un grand nombre de jeunes arrivent avec la double idée que 1) il n'est pas possible de croire ce gouvernement et 2) qu'ils doivent faire quelque chose à ce sujet. Certains d'entre eux se réfèrent au SDS comme modèle d'organisation. La culture américaine du divertissement est hégémonique sur 96% de la jeunesse, au lieu des 99% il y a quelques années. Ce sont ces 3% qui commencent à s'organiser ( Ces statistiques sont faites à la louche)

Q Quel est l'enjeu : La création d'un mouvement contre la guerre ou d'un mouvement pour un nouvel ordre économique et politique ?
R Pour quelques jeunes, les deux. Une grande partie d'entre eux est anarchiste. Bancals et peu expérimentés. L'idéologie marxiste est kaput dans la jeunesse. Mais la grande majorité des jeunes activistes n'a pas de base idéologique et cherchent seulement des façons pratiques de mettre fin à la guerre.

Q
Quelles sont les différences entre les Etats-Unis des années soixante et aujourd'hui ?
R Laisse-moi compter: peut-être des milliers. les mouvements pour les droits civiques et ouvriers étaient encore vivaces et des références il y a quarante ans. Aujourd'hui, la victoire de la droite est si complète que tu ne peux même plus discuter du racisme et de la nature de classes de la société. Les jeunes n'ont pas de modèle pour s'organiser.
D'un autre côté, la dégradation de l'environnement, est la prise deconscience sur ce sujet, sont si énormes qu'il y a là un point d'appui pour les jeunes
Il n'existe pas une contre culture développée; la culture a été fragmentée en niches marchandes petites mais très marquées et les jeunes sont éparpillés entre des identités contre culturelles spécifiques. Cela rend l'unité beaucoup plus difficile.
La guerre contre la terreur, le 11 septembre particulièrement, a brouillé le tableau concernant qui est la victime..
Mais par dessus tout, les jeunes sont beaucoup plus désabusés et cyniques au sujet de ce qui peut être fait par l'action individuelle et de masse. Ils n'ont pas conscience de tout ce qui a déjà été réalisé.

Q Est-ce que la déclaration de Port Huron est encore actuelle ?
R Beaucoup de jeunes du SDS actuel sont en train de la lire, de l'étudier et d'essayer de lui trouver une traduction appropriée à la situation actuelle. Un des problèmes, c'est que ces activistes sont encore jeunes, pas entraînés de façon académique et il y a très peu d'étudiants diplômés autour d'eux pour les aider à trouver leur voie intellectuelle. La Déclaration de Port Huron baignait dans une réflexion sociologique contemporaine, comme celle de C. Wright Mills.Le seul penseur comparable aujourd'hui est Noam Chomsky. Nous verrons ce que les jeunes en feront. La déclaration était beaucoup centrée sur la Guerre Froide; Les jeunes de maintenant doivent réfléchir sur la guerre contre la terreur, comme principe central de l'organisation contemporaine de l'impérialisme.
Q Ton nom a côté de celui de Haber dans une organisation aujourd'hui ! Quelle leçon en tirer ?
R Les vieilles personnes n'ont que peu d'alternatives et nous sommes aussi plus mûrs et prêts à pardonner.

Par Didier - Publié dans : A bâton rompu
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