La mobilisation en cours pour la libération de Julien et de
Yldune, si elle est nécessaire et urgente, ne doit pas être l'arbre qui cache le désert.
Le petit blog insignifiant qu'est Freakence dont le but initial est de diffuser l'histoire de la contre
culture et du radicalisme américain des années soixante en lien avec le site Freakence Sixties, ne devient pas un comité de soutien.
L'incarcération de Julien et de Yldune et l'inculpation de leurs camarades, le montage de toute pièce d'une
théorie terroriste, ouvrant la porte à la criminalisation de formes de luttes sociales, est un exemple parmi d'autres de l'évolution d'un système,
au-delà de la politique menée par un gouvernement actuel, même particulièrement réactionnaire.
Les prises de position de Dominique de Kokopelli reproduites ici expriment parfaitement la globalité de la
lutte à mener. Bien sûr, nous avons tous non sensibilités, nos centre d'intérêts. Pour l'un, ce sera la protection de la biodiversité. Pour un autre, ce sera les sans-papiers, Pour un autre
encore, l'aide humanitaire dans telle ou telle région du monde...
Le radicalisme - terme peu employé en français, du fait de son odeur de cassoulet du sud-ouest - vient du
latin radix, la racine.
La question n'est pas de donner des priorités à telle ou telle lutte, ni d'en définir une hiérarchie. Il
n'existe pas de "petites" et de "grandes"injustices, il n'existe que l'injustice.
Mais nous devons nommer le système à la racine de ces injustices. Peut-être deviendra-t'il évident qu'un même
système est responsable de la spoliation des richesses naturelles, de l'organisation de la famine, des inégalités raciales sociales et sexuelles, de la destruction de la biodiversité, des
restrictions toujours plus grandes des liberté d'expression et de circulation, du chômage et de la pauvreté et de tous ces symptômes que nous nous acharnons à combattre au sein d'une myriade
d'associations et d'organisations.
S'attaquer aux symptômes n'éradique pas le mal.
Nos militantismes sélectifs ne seraient-ils pas notre tentative pour soigner nos propres symptômes d'une
maladie plus profonde que l'on pourrait appeler "sentiment d'impuissance" ?
Quels besoins d'appartenance cachent nos sigles que nous ne pouvons trouver ailleurs, quels besoins
identitaires que nous ne pouvons affirmer autrement ?
De qui, de quoi, nous protégeons nous dans nos petits cercles militants et/ou affectifs ?
Nommer le système permet de le regarder en face et de nous regarder en face . En quoi nos fonctionnement - au
delà de nos valeurs affirmées et de nos bonnes intentions affichées - en diffèrent-ils ?
Nommer le système contre lequel nous nous battons, c'est nommer pour quoi nous nous battons. Nommer pour quoi
nous nous battons, c'est mettre en oeuvre les idées, les valeurs et les actes que sous-tendent le système décrit.
Ce repli sur soi, cet autisme social, cet individualisme que nous dénonçons et qu'encourage le système ne
peut pas être combattu qu'à force de slogans et de programmes.
Il nous faut aller beaucoup plus profonds, être plus exigeants avec nous-mêmes plutôt qu'avec les autres,
dépasser nos peurs, se débarasser de nos petites certitudes confortables.
Oublier les branches. Retrouver les racines.
Puissent ces moments de luttes nous faire retrouver et partager ces richesses.
Pour qu'un monde où tous les mondes soient possible voient le jour.
Et en attendant l'insurrection :
Dernière version du site de soutien aux inculpés du 11 novembre https://soutien11novembre.org
Tarnac Express no4 est
paru
Envoyer un petit mot de soutien :
Julien COUPAT
N° d'écrou, 290173
42 rue de la santé
75014 PARIS
Yldune LEVY
Maison d’arrêt des femmes
N° d’écrou 369772
6, avenue des Peupliers
91 700 Fleury Mérogis
Allez visiter infokiosques et tous les liens
qu'ils vous donnent
Achetez vos graines chez Kokopelli. Les beaux jours vont revenir
!
Restez sous la couette.
Et de manière générale, faites ce qui vous plaît.