
PBS, chaîne publique non commerciale aux Etats-Unis, leur Arte à eux, a réalisé et diffusé un documentaire sur Haight Ashbury dans son émission American Experience, intitulé Summer Of Love. Et, selon Eric Noble, archiviste des diggers, ce documentaire est bon.
"J'ai aimé, je pense que c'est la meilleure rétrospective sur Haight qui a été produite à ce jour. Elle respecte l'esprit de cette époque et mentionne ses influences sur le long terme sur la
culture américaine. Les interviews sont bien faites. J'ai bien aimé Peter (Berg) and Judy (Goldhaft) qui donnent le point de vue Digger. Le montage est très bon-- avec plein de trucs que je
n'avais jamais vu avant
Absolument nécessaire de trouver une copie du DVD pour les Archives"
Une petite réserve d'une ancienne
"J'ai vécu à Haight jusqu'en 1970,je n'étais pas parmi ceux qui ont lancé quoique ce soit mais j'étais une gosse attiré par l'Eté de 1967. PBS sous-entend que tout c'est arrêté après 1967, ce qui n'est pas vrai. Je dirais que c'est devenu bordélique mais çà restait un monde meilleur que la société straight .......c'était encore l'endroit où beaucoup d'entre nous voulions être."
J'espère que Eric va récupérer une copie. Je vais essayer de récupérer le script que PBS doit mettre en ligne.
Et puis notre Arte à nous passera peut-être un jour le documentaire.
Kurt Vonnegut est mort le 11 avril dernier. Né le 11 novembre 1922 dans une famille d'émigrés allemands. Il s'engage dans les marines pendant la seconde guerre mondiale et est fait prisonnier le 14 décembre 1944. Il assiste aux terribles bombardements de Dresde des 13 au 15 février 1945, "carnage abyssal" dira-t'il, qui marqueront à jamais sa vie et son oeuvre et en particulier . Slaughterhouse-Five - L'Abattoir 5. (1969)
Vonnegut était détesté par l'Amérique bien-pensante. Il a écrit, à propos de la guerre d'Irak "En disant que nos dirigeants sont des chimpanzés alcooliques du pouvoir, est-ce que je risque d'affaiblir le moral de nos troupes qui se battent et meurent au Moyen-Orient? Leur moral, tout comme le corps de beaucoup d'entre eux, est déjà en pièces. Ils ont été traités, comme je ne le fus jamais moi-même, comme les jouets qu'un gamin de riche a eu pour Noël" . Son dernier livre en 2005, A Man Without a Country, - Un homme sans patrie est une virulente satire anti-Bush.
Cat's Cradle - Le Berceau du Chat 1963 Seuil
A Man Without a Country - Un homme sans patrie Ed.Denoël
Slaughterhouse-Five - L'Abattoir 5.1969 Seuil
Le 1er avril 1978, Emmett faisait une mauvaise blague en mourant dans le métro new
yorkais.
Avril 2007, Max a fait un beau cadeau aux compagnons de route diggers, anciens et nouveaux, en ouvrant ses archives. Elles sont un reflet étonnamment fidèle, à travers documents scannés et photos, d'un esprit, d'une époque et d'un homme. Parmi les documents, le télégramme qui paraît un peu saugrenu, de François Mitterrand à l'occasion de la sortie du livre d'Emmett Ringolevio.
L'esprit est immortel, l'époque est révolue et l'homme est homme, dans sa complexité. Je n'ai pas écrit sur Emmett alors que j'ai fait des tentatives de biographies de personnes comme Kesey ou Leary. Non pas que ces deux personnages, ou d'autres figures marquantes des "années soixante" US soient moins complexes, mais Emmett Grogan avait quelque chose de différent. Il était un DIGGER.
"Qui sont les Diggers?"
"Je ne sais pas. Je ne suis pas une Digger. Es-tu un Digger?"
On ne s'approprie pas l'esprit d'un digger. Tout juste peut-on l'approcher en découvrant le digger qui est en nous. Se fabriquer son cadre de référence.
Qui est Emmett Grogan ? Il est un DIGGER
Plusieurs projets sont en cours et nous en reparlerons ici. Pas pour fabriquer un héros ou un mythe de plus, mais parce que l'esprit digger doit vivre, que l'Histoire Officielle occulte les épisodes dérangeants et qu'il nous appartient d'être des ponts entre les générations pour écrire notre propre histoire et être les maîtres de nos propres mémoires ...et de notre avenir.
D'ici là, vous pouvez visiter les remarquables archives d'Eric, sur http://www.diggers.org/ et les quelques maladroites traductions sur Freakence Sixties. En attendant plus.
John Lennon n'était pas un dangereux révolutionnaire. En décembre 2006, le FBI a finalement rendu publiques les derniers documents restés classifiés sur le Beatle.La publication de ceux-ci ne menace plus la sécurité du pays....
A l'écoute du morceau "Revolution", on s'en doutait un peu. Mais aujourd'hui, même le FBI en est convaincu.
Le principal fait d'arme de John restera sa contribution à un concert de soutien à John Sinclair, du White Panther Party en décembre 1971.
Au début des années 1970, le FBI était convaincu que Lennon était utilisé comme icône auprès de la jeunesse par les dirigeants du mouvement yippie, Abbie Hoffmann et Jerry Rubin, eux-mêmes de dangereux individus, afin de collecter des fonds pour leurs buts malhonnêtes. En l'occurence, mettre le bazar lors de la Convention du Parti républicain durant l'été 1972 à Miami. Ce qui était, nul n'en doutera, une grande atteinte à la sécurité intérieure du pays. Lennon aurait même donné 75 000 $ au Election Year Strategy Information Center - EYSIC - organisation chargée de préparer les manifestations.
Le but du jeu était de faire expulser des Etats-Unis John Lennon pour éviter qu'il n'utilise sa notoriété pour organiser une série de concerts finançant le mouvement contestatire et contre culturel.
Jon Weiner, historien à l' Université of California, écrit dans son livre Come Together que Lennon était quelqu'un de trop ambivalent pour jouer le rôle d'icône révolutionnaire qu'auraient - peut-être- voulu lui faire jouer John Sinclair ou Abbie Hoffmann .
L'acharnement à garder secret des "informations" aussi futiles ne peut qu'indiquer l'embarras du FBI à avouer sa propre paranoïa. mais cela non plus, n'est pas un secret d'état.
Les documents déclassifiés du FBI sur John Lennon. http://foia.fbi.gov/lennon/lennon1.pdf
Sur le White Panther Party : http://www.freakencesixties.yi.org/jsinclair.html
Pour terminer de "poser le cadre", Freakence Sixties est né d'une frustration de ne pas disposer d'une réelle information sur le "mouvement". Ce qui avait traversé l'Atlantique se résumait à des disques vynil, la caricature du "hippie" et le festival de Woodstock.
Une des raisons de ce désintérêt en France est à mon avis l'idée, à l'époque, et peut-être encore aujourd'hui, que Etats-Unis et concept de "révolution" sont des notions antagonistes.
La révolution viendrait des nations communistes. La Chine, l'URSS, pour le dernier carré de partisans, Cuba, ou encore, de l''Amérique Latine.
Elle viendrait des classes ouvrières ou paysannes. Et certainement pas d'étudiants blancs, priviligiés parmi les privilégiés, sur les campus éméricains. Rien de ce qui ne se passait aux Etats-Unis n'avait de "légitimité" révolutionnaire, si l'on excepte le Black Panther Party.
Dans The Making Of A Counter Culture, University Of California Press 1968,Theodore Roszak explique cette différence d'approche entre jeunes européens et américains:
"La dichotomie générationnelle est un fait nouveau dans la vie politique, que les jeunes en Europe ont été plus réticents à accepter que leurs alter ego américains. Comme héritiers d'une extrême gauche institutionnalisée, les jeunes radicaux d'Europe ont encore tendance à se considérer comme les champions du"peuple" (c'est à dire la classe ouvrière) contre l' oppression de la bourgeoisie (c'est à dire, la plupart du temps, leurs propres parents). En conséquence de quoi, ils essaient vaillamment de s'adapter aux modèles familiers du passé. Ils se réfèrent automatiquement à des lignes idéologiques honorées de longue date pour trouver des alliés—les ouvriers, les syndicats, les partis de gauche … et découvrent seulement que ces alliances espérées faillissent étrangement à se matérialiser et qu'ils restent seules et isolés tels une avant-garde sans suiveurs."
Daniel Cohn Bendit dans Génération (1), va dans son sens :
"Il faut accepter l'ambivalence de Mai, son archaïsme et sa modernité. C'était un mixage entre la dernière révolution du XIX siècle et un mouvement neuf, inédit, qui posait les problèmes de la fin du XXèm siècle : Nous avons été sur le coup, prisonnier de la mythologie. La théorie révolutionnaire était caduque mais nous ne nous en rendions pas compte. Il a fallu pour cela des années."
Elevés au sein du gauchisme puisant ses sources dans la mythologie révolutionnaire du XIXème siècle, un jeune étudiant français ne pouvait que difficilement comprendre un "radical" américain.
Est-ce davantage possible aujourd'hui ?
(1) Génération - Hervé Hamon, Patrick Rotman Edition du Seuil 1987-1990
Aimer l’Amérique est une chose peu banale de nos jours, tant l’anti-américanisme est une tradition française vivace. Cet amour de l’Amérique est parfois difficile à assumer quand il est prétendument partagé avec Le Prince, ami des américains (comprenez G.W Bush) et les clones franchouillards des néo-cons (traduction française facile)
Il n’est pas plus facile à assumer quand il est partagé par nos libéraux roses, béats d’admiration devant Al Gore.
L’Amérique de Freakence commence avec les luttes des nations indiennes pour préserver leurs territoires et leurs cultures, jusqu’à Alcatraz et Wounded Knee et au-delà.
L’Amérique de Henry David Thoreau et la naissance du devoir de désobéissance qui inspirera Gandhi. Une Amérique mise en musique par les chants d’esclaves, les gospels, le blues, puis par les ménestrels modernes comme Woody Guthrie et Pete Seeger, portant les révoltes et les espoirs de ceux qui savant que le Rêve Américain n’est qu’un long cauchemar.
C’est l’Amérique ouvrière des Industrial Workers of The World, des luttes sur les chaines d’assemblage automobiles, des dockers de San Fransisco refusant de collaborer avec la guerre du Vietnam …
L’Amérique Noire anonyme qui surmonte peu à peu la peur du terrorisme quotidien des milices racistes blanches, formant de longues files d’attente pour s’inscrire sur les listes électorales, chantant devant les chiens policiers, s’armant aussi pour se défendre et survivre.
C’est l’Amérique de Kenneth Rexroth, du long cri de Allen Ginsberg,
C’est l’Amérique de la désobéissance et de la résistance à la guerre, depuis Jeanette Rankin jusqu’aux réfractaires des guerres d’Irak et d’Afghanistan en passant par les insoumis de la guerre du Vietnam.
C’est The Star-Spangled Banner de Jimi Hendrix
C’est l’Amérique racontée par Howard Zinn
C’est l’Amérique derrière les barreaux, de Marilyn Buck, de Leonard Pelletier et de tant d’autres, alors que les vrais criminels sont en liberté.
C’est l’Amérique radicale et contestataire qui survit aujourd’hui en plongeant ses racines dans ce terreau qui fertilisera un jour le sol américain
Ce sont des soeurs et des frères, des amis qui se reconnaitront
Loving America is something rather unusual these days, as anti-Americanism is a French tradition well alive. This love of America is sometimes difficult to assume when it is allegedly shared with
The Prince Sarkozy, a friend of Americans (read Bush) and with our French neo-con clones
There is no easier to bear when it is shared by our liberals, filled of admiration for Al Gore.
The America of Freakence begins with the struggles of Indian nations to preserve their lands and cultures, to Alcatraz and Wounded Knee and beyond.
This is America of Henry David Thoreau and the birth of the duty of disobedience that inspired Gandhi. An America set to music by the songs of slaves, gospel, blues, then by the modern minstrels
as Woody Guthrie and Pete Seeger, about the revolt and the hopes of those who learned that the American Dream is a long nightmare.
This is America of The Industrial Workers of the World, of the struggles on the automobiles assembly lines, of the dockers in San
Francisco refusing to cooperate with the Vietnam war ...
This is anonymous Black Americans gradually overcoming the fear of the daily racist terrorism , forming long queues to register on the electoral rolls, singing in front of the police dogs, also
taking arms to defend themselves and survive.
This is America of Kenneth Rexroth, the long Howl of Allen Ginsberg,
This is America of disobedience and resistance to wars since Jeanette Rankin through the draft dodgers of theVietnam War until the resisters of Iraq and Afghanistan wars.
This is The Star-Spangled Banner by Jimi Hendrix
This is America narrated by Howard Zinn
This is America behind bars, Marilyn Buck, Leonard Pelletier and so many others, while the real criminals are free.
This is radical and dissenting America that survives today taking its roots in this social, political and cultural background that will fertilize one day the American soil
They are sisters and brothers, friends who will recognize themselves in
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